Leszek Skurski - Schlauch

Leszek Skurski, "Schlauch" (détail), 2012, 100x130 cm, huile sur toile

Leszek Skurski - Schnelltest

Leszek Skurski, "Schnelltest", 2013, 50x70 cm, huile sur bois

Leszek Skurski - Warnung

Leszek Skurski, "Warnung", 2012, 100x130 cm, huile sur toile

Exposition

LESZEK SKURSKI

Liens Fragiles

Comment appréhender aujourd’hui les mutations galopantes que subissent nos sociétés? Quelle est la place de l’homme dans le monde aujourd’hui?

La peinture de Leszek Skurski présente des scènes de la vie quotidienne, intemporelles. Bien que son travail reste figuratif, on peut constater qu’à quelques traits près, ses personnages esquissés sont à la limite de l’abstraction.

Les figures, isolées ou en groupe, se projettent avec une apparente fragilité et en même temps structurent puissamment ces toiles de grand format. La représentation se concentre sur des événements banals, comme saisis par inadvertance: des hommes exerçant leur métier, une compétition sportive ou une scène de plage, des moments que chacun peut partager par leur familiarité.

L’instant est subtilement capturé et la précision des traits contraste fortement avec le flou alentour. En effet, l’arrière-plan monochrome reste vague comme s’il était en attente d’une redéfinition et la quasi absence de structures verticales ou horizontales laisse ces personnages manifestement abandonnés dans un immense vide. Hors de tout contexte temporel, rien ne semble donner un appui, ni une direction.

Et c’est exactement cette absence qui accentue une présence très forte autour des acteurs du tableau. Ils sont bien implantés dans un décor, mais lequel? L’espace libre peut-il être simplement assimilé à un système sans contrainte? Il semble que non puisque la liberté ne peut exister sans limite perceptible.

Quant aux sujets, on ressent un lien qui est tissé entre eux, voire un pacte qui les unit, qui s’exprime par la fuite, la lutte, la rivalité ou encore la confiance. Pris dans un engagement réciproque, ils témoignent d’une relation dialectisée, alors que l’encadrement effacé symboliserait plutôt un monde incessamment en mutation, où le contexte métaphorique est fragilisé.

Alexandra Chiari